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Faculté d'aménagement,
d'architecture,
d'art et de design

École
d'architecture

Présentation du cours

Ce cours intensif de trois crédits, appliqué sur le terrain, vise la formation de professionnels capables de développer l’étude, la mise en valeur et l’animation de paysages culturels régionaux.

Le cours d’une durée de trois semaines, permet, à travers une recherche-action sur le terrain, de faire l’expérience d’une approche professionnelle des paysages culturels et de développer des compétences en matière de documentation, d’interprétation et de mise en valeur de ces archives vivantes. Les méthodes et techniques de recherches empiriques étudiées et mises en pratique incluent le relevé architectural conventionnel ainsi que ceux exploitant la photogrammétrie et le GPS (selon l’intérêt des participants et le temps disponible); l’histoire orale et le patrimoine raconté; l’examen de documents d’archives (cartes, plans, journaux, photographies, tableaux, etc.) et d’artéfacts significatifs (statues, bâtiments secondaires, découpage des champs, plantations, etc.) et les relations entre ceux-ci.

L’interprétation du cas d’étude est résolument multidisciplinaire, puisant à la fois à la géographie culturelle, à l’histoire de l’architecture, à l’histoire sociale et à l’ethnologie. Le cours permet également d’ouvrir le débat avec les acteurs clés de la communauté sur l’avenir de leurs paysages culturels et le développement du milieu. Enfin, diverses stratégies de mise en valeur, de conservation ou de recyclage sont développées en interaction avec des organismes, professionnels, et autorités gouvernementales et ecclésiastiques locales, en tenant compte des besoins et des valeurs de la collectivité.

Le cours prend pour objet (étude de cas) les paysages culturels vernaculaires de la Gaspésie. Sous la forme d’exposés interactifs, de séminaires, de recherches sur le terrain, d’ateliers, de forums publics, ce cours implique étroitement les gens du milieu, des collaborateurs professionnels (architectes, urbanistes, historiens, géographes), représentants gouvernementaux et des universitaires reconnus pour leurs travaux sur les paysages culturels.

Le patrimoine bâti et les paysages culturels de la Gaspésie

«Œuvres conjuguées de l’être humain et de la nature, les paysages culturels expriment une longue et intime relation des peuples avec leur environnement» (UNESCO). Les paysages culturels sont le résultat des modifications successives que les collectivités apportent à l’environnement où elles s’enracinent, et reflètent donc leurs modes de vie, leurs savoirs, leurs croyances, leur organisation sociale et économique, leurs échanges avec d’autres lieux et leur histoire. Comme le disait si bien John Brinckerhoff Jackson, le fondateur de la notion des paysages culturels aux États-Unis, ces derniers sont «l’histoire rendue visible». Et parfois, quand les traces d’une époque disparaissent, cette histoire est portée dans le cœur, la mémoire et l’imaginaire des gens.

Réputée depuis le début du vingtième siècle pour la majesté de ses paysages naturels, la Gaspésie est un territoire où il reste encore beaucoup à étudier et à mettre en valeur sous l’angle des paysages culturels. Terre de rencontres entre Micmacs, Français, Basques, Anglais, Jerseyais, puis Acadiens, Loyalistes américains, colons Écossais, Irlandais et Québécois, ses paysages sont subtilement marqués par des établissements de petite taille dont l’économie était traditionnellement tournée vers la mer et la forêt. Un chapelet de villages s’égraine le long de la côte, évidence d’autant d’ensembles paysagers façonnés par l’action humaine. Comment peut-on décrire la forme de ces établissements et de leurs composantes variées? Que nous apprend-elle des actions des habitants qui s’y sont succédé? Comment les pratiques civiques, économiques et religieuses des différents groupes culturels ont-elles contribué, jusqu’à aujourd’hui, à les forger? Comment mettre en valeur les particularités de ces lieux tout en répondant aux besoins des populations actuelles et à venir? Telles sont quelques-unes des questions qui seront traitées durant le cours.

Lectures obligatoires (à lire avant votre arrivée)

  • Bernier, Lionel. La bataille de Forillon : roman (Montréal : Fides, 2009).
  • Byrne, Denis. « Heritage as Social Action » in The Heritage Reader eds. Graham Fairclough, Rodney Harrison, John H. Jameson Jr., John Schofield (London and New York : Routledge, 2008) : pages 149-173.
  • Carter, Thomas and Elizabeth Cromley. Invitation to Vernacular Architecture (Knoxville: University of Tennessee Press, 2005).
  • Chappell, Edward. Looking at Buildings (pdf. Disponible à partir du site web du cours).
  • Magnaghi, Alberto. Le projet local (Sprimont, Belgique : éditions Pierre Mardaga, 2003) 
  • Mimeault, Mario. La Gaspésie, Histoire en bref. Collection : Région du Québec, 6 (Québec : Éditions de l’IQRC, 2004)

Lectures suggérées

  • Bouchard, Roméo. Il y a-t-il un avenir pour nos régions. (Montréal : Les Éditions Écosociété, 2013)
  • Desjardins, Marc, Yves Frenette, Jules Bélanger et al., Histoire de la Gaspésie (Québec : Institut québécois de recherche, 1999).
  • Domon, Gérald, and Julie Ruiz. Paysages ruraux: Méthodes d’état des lieux at de diagnostic. (Montréal: Les Presses de l’Université de Montréal, 2015).
  • Jackson, John Brinckerhoff. Discovering the vernacular landscape. (New Haven : Yale University Press, 1984).
  • Meinig, Donald William and Jackson, John Brinckerhoff, eds. The Interpretation of Ordinary Landscapes: Geographical Essays (New York : Oxford University Press, 1979).
  • Williams, Ron. Architecture de paysage du Canada (Montréal : Presses de l’Université de Montréal, 2014). Traduction de Landscape Architecture in Canada (McGill-Queen’s University Press, 2014).

Instructeurs

Tania Martin (responsable), professeure titulaire à l’École d’architecture et anciennement titulaire de la Chaire de recherche du Canada en patrimoine religieux bâti, Université Laval, Québec;

Stéphanie Harnois, professeure de géographie, Cégep de la Gaspésie et des Îles, Campus de Gaspé;

Antoine L’Italien-Savard, architecte, Travaux publics et Services gouvernementaux Canada, Québec;

Jean-François Spain, professeur en tourisme et plein air, Cégep de la Gaspésie et des Îles, Campus de Gaspé;

Nancy van Dolsen, historienne de l’architecture et des paysages et chargée de cours en histoire publique du North Carolina State University, Raleigh;

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