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La Tribune | Les étudiants derrière le pont des Grandes-Fourches

 

Article paru dans La Tribune le 8 juillet 2018 par Jonathan Custeau


Trois étudiants de l’Université Laval amorceront leur carrière d’architecte avec une importante réalisation à leur actif : l’idéation du pont des Grandes-Fourches au centre-ville de Sherbrooke. Humbles devant cet accomplissement, ils saluent l’audace de la Ville de Sherbrooke d’avoir contribué à leur parcours scolaire et d’oser transformer son centre-ville.

En 2016, Bernardo Baldissera, Tiphaine Le Bellec et Joël Bertrand remportaient un concours d’architecturalisation organisé avec des finissants au baccalauréat en architecture à l’Université Laval. Le « pont des Abénaquis », un pont signature symbolisant les colonies francophones et anglophones ayant fondé la ville de Sherbrooke, en plus de rappeler la présence des Abénaquis, a retenu l’attention des élus. Mardi, le conseil municipal confirmait retenir le concept pour un pont qui serait inauguré en 2020.

Lire aussi: La Ville opte pour un pont « signature » sur Grandes-Fourches

Les trois coéquipiers ne connaissaient rien de Sherbrooke. Ils ont donc réalisé une recherche approfondie sur son histoire et sa topographie.

« Quand on nous a présenté le projet, la Ville de Sherbrooke faisait une demande pour permettre à la mairie de montrer les possibilités de construire un pont signature. C’était pour donner une idée. J’ai compris que plusieurs projets ont tapé dans l’oeil de la Ville et qu’ils ont choisi d’utiliser ces projets. Ce n’était pas prévu d’aller aussi loin », raconte Tiphaine Le Bellec, originaire de Bretagne, en France.

L’occasion de travailler sur une infrastructure comme un pont est par ailleurs un peu moins fréquente pour des étudiants au baccalauréat. « Au baccalauréat, nous travaillons toujours sur des projets réels, mais ils sont souvent à l’étape de réflexion. La plupart du temps, ce sont des projets plus petits et ce sont rarement des ouvrages d’art comme des ponts. On pourrait faire un pont sans architecture, comme on en voit beaucoup au Québec, mais en Europe, ça ne se voit pas», explique Jacques White, directeur de l’école d’architecture de l’Université Laval.

« Il est plutôt rare que des projets d’étudiants soient projetés de façon très concrète », ajoute-t-il, mentionnant que les ateliers offerts aux étudiants se penchent souvent sur le design urbain des municipalités. « Récemment, nous avons fait un projet sur la requalification urbaine de Lac-Mégantic. »

C’est donc sous la supervision des enseignants Philippe Barrière et Antoine Guy que les trois étudiants, issus du programme international d’architecture, ont élaboré leur concept. « Nous sommes très, très contents. C’est une nouvelle que nous attendions depuis deux ans. Nous pensions que notre projet avait peut-être été oublié », confie Bernardo Baldissera, directement de Porto Alegre, au Brésil.

Rentré chez lui, le Brésilien de 24 ans présentera son projet final pour l’obtention de son baccalauréat la semaine prochaine. « J’ai commencé par m’intéresser à l’urbanisme. Au Brésil, nos villes ne sont pas belles comme en Europe. Je me suis interrogé sur la façon de rendre nos villes belles et agréables. Nos ponts ne sont pas des ouvrages d’art et à mon avis, c’est une erreur. Il sera très difficile pour moi de travailler sur un projet semblable au Brésil. Pourtant, un pont peut devenir le symbole d’une ville. »

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